Depuis le déclenchement de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, l’Union européenne a multiplié les sanctions pour affaiblir l’économie russe. D’abord centrées sur les banques, l’énergie et les avoirs d’oligarques, ces mesures se sont progressivement étendues aux actifs numériques. Les cryptomonnaies, grâce à leur fonctionnement décentralisé et à leur pseudonymat, sont en effet perçues comme un outil potentiel de contournement des restrictions financières.

Selon le Financial Times, la Commission européenne envisagerait désormais une interdiction quasi totale des transactions en cryptomonnaies impliquant la Russie. Un document interne plaiderait pour un blocage global des fournisseurs de services crypto russes, plutôt que des sanctions ciblées jugées inefficaces face à la réapparition rapide de nouvelles plateformes.
26.000 sanctions
Dans le viseur de Bruxelles figureraient notamment Grinex, considérée comme l’héritière de Garantex – sanctionnée par les États-Unis en 2022 – ainsi que certains stablecoins adossés au rouble, comme A7A5, bien qu’émis hors du territoire russe. Le 6 février 2026, Ursula von der Leyen a annoncé un 20e paquet de sanctions, présenté comme l’un des plus offensifs à l’égard des crypto-actifs.
Ce nouveau train de mesures s’ajouterait aux quelque 26 000 sanctions déjà imposées par les pays occidentaux. Il prévoit également l’ajout de 20 banques régionales russes à la liste noire européenne. Son adoption nécessitera toutefois l’unanimité des États membres. Reste une question centrale : comment restreindre efficacement des échanges opérant sur des blockchains conçues pour résister à la censure et fonctionner sans intermédiaire centralisé ?